Ali Taptik est diplomé d’architecture. C’est en autodidacte qu’il vient à la photographie en 2001 avec un premier projet « Remembering Me » (2001-2005). Ces images prennent pour cible Istanbul, sa ville natale. Ce reportage en forme de mémoire et d’impressions personnelles au sein d’un lieu qui lui est familier est d’abord peu coloré et un peu flou. Mais il y flotte déjà une lumière très particulière, quasi irréelle.
Ali Taptik a 26 ans. Je n'y croyais pas tant son travail est déjà mâture et abouti. Ses photos ont une réelle identité, une marque de fabrique qui passe à la fois par une certaine qualité d’image (belle lumière émaillée de clair-obscurs où l’air semble plus dense) et à un abord frontal du sujet. Le jeune photographe explore les lieux de son identité. Cette quête est menée avec perspicacité et intelligence, si bien que ses images au fil des projets gagnent en profondeur et en radicalité. Les sujets, dans cette ville à reconstruire, sont souvent en ruines. Mais il n’est jamais question de nostalgie, la ville et ses habitants sont fiers malgré leurs blessures. Les hommes vous regardent de face, loin de tout aspect pittoresque. Au final ce sont des images très actuelles, tendues vers l’avenir.
L’artiste, repéré aux rencontres photographiques d’Arles en 2004 a été exposé à la galerie du Château d’eau à Toulouse et à l’atelier de Visu à Marseille. Sa carrière internationale semble également dynamique et vouée à un bel avenir. Bel exploit pour ce jeune artiste turque qui a choisi de poursuivre son travail à Istanbul.
Vous trouverez un bon aperçu de son travail sur son site personnel : http://www.alitaptik.com/